Bon an, mal an...
Après les étrennes, viennent les résolutions du nouvel an. Au moment de vous faire part de mes souhaits, je me sens presque en état de caléfaction tellement je suis excité à l’aube de cette année qui débute. Dorénavant, il sera souhaitable que toutes les promesses semées à tout vent soient révisées avant d’être proclamées. Il sera de loin préférable que toutes les promesses dont les conséquences s’étaleront sur plusieurs années et dont les retombées risquent de ne pas incomber ni de s’abattre sur la personne ou sur le parti qui les émet soient scrutées à la loupe.
Je souhaite donc que chaque citoyen, de quelque allégeance qu’il soit, fasse l’acquisition de cet objet (loupe) afin qu’on ne puisse plus accuser personne d’entourloupe. Je sais, ce n’est pas demain la veille, mais on peut toujours espérer…
Je souhaite que toutes les poignées des valises que nous sommes se transforment en clefs USB afin qu’à chaque occasion où un «prometteur» mal intentionné tentera de nous berner, une alarme soit déclenchée et qu’un anti-virus et se répande subitement sur tous nos réseaux sociaux afin de neutraliser rapidement le triste sire.
Je souhaite que tous les Poutine de la terre soient tellement fromagés qu’on ne puisse les déguster qu’à la sauce démocratique.
Je souhaite que le printemps arabe ne devienne pas hiver planétaire par le fait que la démocratie que l’on aimerait voir appliquée chez-eux ne se mette à ressembler à celle qu’on voudrait nous laisser croire en vigueur chez-nous.
Je souhaite que les indignés n’aient plus de raison d’être et que désormais, même s’ils n’ont pas de messie comme porte-parole, ils puissent être entendus sans qu’on ne leur prête de sous-entendus…
Je souhaite que tous mes étudiants décrochent un diplôme plutôt que de décrocher de l’école.
Je souhaite que les vieux réagissent avant que leur peau lisse, je souhaite que les jeunes réussissent avant que leur peau ne plisse…
Je souhaite qu’il y ait moins de millionnaires car il y a déjà trop de milliards d’hères…
Je souhaite que le Canada retrouve sa dignité afin que l’os de la réalité cesse de nous étrangler. Ô nuit de paix…Sainte nuit, dans le ciel, l’astre luit, con comme la lune qu’on cesse de nous prendre pour des prunes et que tous les peuples de la terre puissent échapper au FMI, à la finance, à l’indifférence, à l’ignominie.
Je souhaite que tous ceux qui ont quelque chose à dire le disent avant qu’il n’y ait plus rien à redire. Je souhaite que tous ceux qui n’ont rien à dire le disent. Comme cela, la majorité silencieuse pourra enfin s’exprimer. Comme vous pouvez le constater, je suis fébrile. Pas question de mettre nos ambitions au clou, pas question non plus d’attendre les confessions de tous ceux qui nous sont rentrés dans le chou. Je souhaite simplement que nous ayons tous suffisamment de mémoire pour éviter que les grands nez, que les grandes dents avec leur sourire cosmétique ne nous racontent une autre histoire.
Gaston Beauregard, enseignant au Centre d'éducation des adultes du Christ-Roy, Mont-Laurier
Syndicat de l'enseignement des Hautes-Rivières








